Dimanche 28 octobre 2012 à 10:57

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 "tu l'emmèneras à Châtelet-les Halles"


Lorsque sur la ligne 4 je voyais défiler ces deux stations l'une après l'autre il me semblait qu'il s'agissait là d'une scission mutilante, puisque dans ma tête, l'homme qui chantait, les liait comme un tout. Et j'entendais ce refrain. Il ne pouvait sonner juste si le "a" se perdait sans écho. Mon esprit s'empressait de rectifier cette disharmonie. Je ne pouvais entendre l'un sans me chanter l'autre.

J'ai compris, lorsque, plus tard, je devais prendre le RER B, que c'était là, dans ce trajet qu'il devait faire quotidiennement, que s'était dessiné pour lui cette réalité géographique dont l'harmonie mélodieuse allait de soi : la station "Châtelet-les Halles" entre "Saint Michel-Notre Dame" et "Gare du Nord". Et je devais, petit à petit, me remémorer ce qui était pour moi une réalité onirique, fantasmée, et que j'avais entendue chantée, lorsque, dans la ville aux milliards de vécus, le mien se superposait par hasard à celui d'un autre. "le quai des grands Augustin" "le boulevard Ney", après "la Goutte d'or".  De Delerm à Doc Gynéco, je remontais au Paris de Zola.

Lundi 22 octobre 2012 à 22:26


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 La fille aux yeux de folle a perdu dans le flou de ses yeux une génération.

Et c'est encore trop tard que nous arrivons,
A l'âge où la beauté expire.
Aveugles martyrs, nous avançons à tâtons 
Dans les déserts arides d'un siècle mort-né.
Que nous est-il arrivé ?
Nous sommes mal nés.
Enfants bâtards nés de l'union sans promesse d'un millénaire crépusculaire et d'une aurore déjà fatiguée.
Nous sommes agenouillés, croulant de respect sous les exploits passés de nos pères,
Sous l'ère des guerriers,
Et berçant, collé à notre sein, le berceau où la beauté, jadis née, redevient poussière.

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