Mardi 25 septembre 2007 à 19:30

Elle Elle vendait dans ma rue des trucs qui n'servent à rien
Des sphères en plastique qu'on retourne sans fin
Pour voir une Tour Eiffel sous une neige imbécile
Elle alliait le pas beau au franchement inutile

Mais elle était fière de ces trucs qui n'servent à rien
Elle aimait les sourires devant son magasin
Qu'une enseigne au néon appelait "Chez Charlotte"
C'était son prénom mais je l'appelais Camelote

Quand j'n'avais rien à faire, j'lui donnais un coup d'main
Je lui tenais l'échelle pour prendre un nain d'jardin
A force de pouponner ses statues en terre cuite
On a voulu s'marier ici et tout de suite

Une pancarte sur la porte "Fermé pour cause mariage"
On a choisi le nain qui semblait le plus sage
Pour jouer le rôle du maire et en guise de témoins
Deux fleurs qui dansent le jerk quand on tape des mains

Un diplôme certifié de la meilleure maman
Servira de registre quand viendra le moment
Nous seront signataires avec un stylo plume
Qui fait de la lumière sur "Au clair de la lune"

J'lui ai dit "Mad'moiselle, veux-tu prendre ma main ?"
Elle m'a dit "Pour quoi faire ?" j'ai répondu "Pour rien !"
En tournant la molette d'une boîte à cadeaux
On a eu deux squelettes sertis à un anneau

Puis nous avons compté les enfants qu'nous aurons
Elle en voulait sept, vous savez les prénoms
Puis nous ferons construire sept lits superposés
Moi je tiendrai l'échelle quand faudra les coucher

Le voyage de noce a eu lieu en décembre
On a pris le métro station Quatre-Septembre
Pour voir la Tour Eiffel sous la neige matinale
Et Paris qui s'éveille dans sa boule de cristal

Renan Luce

Dimanche 16 septembre 2007 à 20:47

J'aime traîné mon corps dans toutes sortes de lumières, d'odeurs, de décors, ça le ballade; il frétille de la queue, il tire sur la laisse, il est heureux. Je le gave à fond de tout ce qui l'entoure et quand on rentre à la raison il est repu et je suis enfin tranquille...

Dimanche 16 septembre 2007 à 20:08

On a jamais vraiment la certitude d'être une femme, surtout quand on pisse debout.

Samedi 15 septembre 2007 à 12:53

"Le

Le chien pisse sur des mini-répliques de la tour Eiffel vendues par un Noir sur le pont en face de la vraie tour Eiffel. J'ai besoin de savoir ce que pense le chien de ce qu'il vient de faire. Quelle est sa tendance politique. Vient-il de pisser sur le symbole tour Eiffel, dressé à l'image d'une des premières puissances mondiales, ou au contraire a-t-il voulu niquer la marchandise de l'Africain, lui foutre le moral à zéro pour qu'il rentre dans son pays ? Si je n'arrive pas à savoir si mon chien est un humaniste ou un facho, comment vais- je le savoir d'un ami, étant donné que mon chien est toujours plus clair, prévisible et franc que le reste des gens que je connais."

"Bien sûr, les malheurs ne sont pas comparables, car la souffrance ne peut pas circuler d'un être humain à l'autre. Tu souffres plus si tu t'entailles un doigt dans ta cuisine en coupant des oignons que si tu regardes une photo d'Hiroshima"

"Ce qui m'irrite le plus, c'est de me cogner aux gens n'improte où. Et avec mon chien. Je ne supporte pas qu'on se cogne les uns contre les autres. Si quelqu'un te rentre dedans, ça veut dire que tu es moins qu'un animal. Je n'ai jamais vu un animal se cogner contre un autre. J'ai vu un animal rentrer dans un être humain, mais un animal ne peut pas se cogner contre un autre animal. Comment est-ce qu'on a bien pu en arriver là: à se rentrer dedans les uns les autres, dans la rue, à la sortie du métro? Tu peux rentrer dans une porte, dans un poteau et même dans un arbre, mais te cogner contre un être humain, c'est déprimant, ça te donne une idée de la vraie dimension de l'être humain, de ses capacités et sa signification sur l'échelle animale."

"J'hésite entre aller bien et aller mal. Je veux être artiste alors je dois choisir. Parce qu'un artiste, soit il est au fond du trou, soit il avance à fond la caisse. L'un ou l'autre mais à fond. Si tu vis comme tout le monde, tu ne seras jamais artiste. Tu dois faire des choses bizarres. Tu dois vivre plus intensément, en bien ou en mal. Dépasser les bornes. Et ensuite en parler. Parler de tes excès. Parler à tout le monde de quelque chose que personne ne connait. Raconter à tout le monde tes excès.

Il ne faut pas non plus se prendre la tête là dessus, je n'ai pas dis ça, car l'artiste ne doit jamais penser. Non monsieur : l'artiste doit se dépasser. Alors je me suis décidé et je me suis dis: vu que je ne suis doué ni pour la peinture ni pour la littérature, je vais faire du théâtre. Au théâtre, n'importe qui est bon : ce n'est ni un métier ni un art, ni rien. Pour se faire remarquer au théâtre, il suffit de mettre le paquet.

Ensuite il faut définir un style: Je vis dans la débauche, je me défonde, je baise tout ce qui passe ? Ou bien je déprime et je deviens fou, je souffre, je me bourre la gueule, je me pique et je me jette du balcon ? Il faut faire un choix. Question de marketing. Guauguin a passé toute une vie de débauche. Van Gogh a passé toute une vie à souffrir. Lautrec: toute une vie de débauche. Cioran: toute une vie à souffrir. Celan: toute une vie à souffrir. Warhol: toute une vie de débauche. Pas besoin d'avoir quelque chose à dire pour être artiste, ce qu'il faut c'est une vie publique qui dépasse les bornes. Ma règle est la suivante: Je n'ai rien à dire , mais si je fais dans l'excès, j'aurai du succès. Et ça rime."

Jardinage Humain   de Rodrigo Garcia

Samedi 15 septembre 2007 à 12:41

Que de pupilles  vierges,  'faudra pas que je loupe le dessin que j'ferrai  dans leurs yeux. Je suis  heureuse de ces premières ébauches  que j'ai tracé à main levée et dont tes yeux me renvoient le reflet prometeur. Mais vois-tu,  une rature me serait fatale et creverait d'un coup de mine la douce harmonie dont je gonfle tes globes occulaires, je sais à quel point tes espoirs sont fragiles. Il y a cette oeuvre ratée qui avait pourtant si bien commencée, j'avais prévue des dimensions faramineuses tant je croyais large la visions des choses de ces grands yeux marrons. Mais comment voulez-vous dessiner sur du papier mâché par la mastication des autres. Et oui, certains font de leurs yeux un bien communautaire. Il y a des communautées cyclopes qui regardent toutes par le même oeil. Han tes grands yeux marrons j'ai déjà songé à les chiffonner dans leurs paupières et à tout recommencé; mais à présent je suis une artiste trop occupée pour m'appitoyer sur mes râtés. Et puis il y a ces oeuvres que l'on croit toujours avoir achevé, dont a exploré jusqu'au fond des pupilles, armé de notre palette, et dont on a orné finement l'iris de toutes les facettes de notre personalité; ces chefs-d'oeuvre qui nous rassure sur notre talent. Ils sont tellement plein de perfection que l'on peinerait à y voir cette petite tâche d'huile anodine qui se répend doucement et qui détruit peu à peu l'éclat de chaque couleur. Il ne faudrait pas laisser s'éffriter ces belles oeuvres, il faudrait toujours les protéger, les mettre sous verre. Ne vous demandez plus pourquoi tant de mes amis portent des lunettes!

<< Page précédente | 1 | 2 | Page suivante >>

Créer un podcast